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Le Symbolisme Des MetauxPrcieux
et Leur Emploi Dans La Dcoration Des Temples
L’or le plus noble des mtaux veille le concept d’immortalit et d’ter-nit. Le fait que les anciens Egyptiens aient revtu d’or certains lments de leur architecture; a l’exclusion d’autres mtaux, montre qu’ils attachaient ces revtements une valeur particulire. Ils ont voulu utiliser l’or et d’autres mtaux prcieux tels que l’argent et l’lectrum pour garnir plus au moins compltement des colonnes, des portes, des oblisques. En dehors des lments d’architecture proprement dite, certains des bas reliefs taient entirement recouverts d’une feuille d’or. Pourquoi l’Egyptien a-til pens honorer ses dieux en. recouvrant souvent une matire plus admirable, le granit, d’une matire prcieuse encore l’or? Des colonnes entirement d’or, des oblisques orns d’or du haut en bas restent pour nous une conception surprenante et mme dconcertante. Cette conception exigeant un tel emploi d’or et d’autres mtaux prcieux en quantit aussi considrable, de-vient trs claire si l’on essaie d’interprter la signification de l’or et de son emploi dans la dcoration gyptienne.
Il est bien certain que l’or en Egypte avait ds une poque trs ancienne, une valeur symbolique. Il ne fait aucun doute tout d’abord que l’clat de l’or ait contribu le rapprocher du soleil. Les hymnes solaires dvelop-pent davantage cette ide en soulignant les rapports entre l’clat d l’or et la naissance lumineuse de R. Du roi, dieu lui mme, substitut de R, auquel il sera assimil aprs sa mort, il est dit, “Une montagne d’or qui claire tout pays comme celui de l’horizon”.
L’or n’tait pas seulement le symbole du soleil par son rayonnement mais aussi par son caractre inltrable. Nous trouvons de nombreuses allusions cette proprit dans la littrature Egyptienne concernant les matires dont est fait le corps des dieux. Qu’on nous dise de R, dans le livre de la vache du ciel, que “Ses os taient d’argent et ses chairs d’or” nous montre que ce n’est pas l’clat seul qui compte mais aussi l’incorruptibilit, apanage des corps divins. On voit comment on peut discerner cette notion dans le coutume funraire royale qui voulait assurer l’indestructibilit de la momie en l’enfermant dans un sarcophage d’or massif. Les statues d’or, taient en principe rserves aux dieux; il faut simplement se rappeler que l’immense majorit des statuettes de bronze ou de pierre que contiennent les muses ont t dores. En second lieu l’or par sa similitude avec la matire solaire attire le regard du “ba” divin qui peut venir se reposer en ces statues d’or, ou bien dotes, en leur donnant la vie divine. Que la salle du sarcophage dans les tombeaux royaux soit appele la maison de l’or, ce n’est pas parce qu’elle contenait beaucoup d’or mais bien pour caractriser essentiellement son rle: Grce l’clat de l’orsera facilite la renaissance du roi-assimil au soleil.
Le but de ces pages, est donc essentiellement d’attirer l’attention une fois de plus, sur ‘les revtements d’or ou de ses substituts dans les monuments egyptiens, de faire ressortir les renseignements donns par les reprsentations figures et les textes qui nous parlent de l’emploi d’un mtal prcieux dans la dcoration de plusieurs lments, et de chercher en classant chronologiqument les documents (qui nous montrent les traces, encore visibles, que le dcor mtallique a pu laisser sur les monuments eux-mmes) tudier les cas particuliers d’application de cet usage. Et il y aura l peu tre des lments nouveaux pour restituer au temple, Egyptien son aspect rel tel que les Egyptiens le concevaient.
Dans cette tude, nous avons adopt 1a mthode d’Harris en divisant les mtaux, en deux groupes principaux: les mtaux nobles: l’or, l’argent et l’lectrum, considrs par les Egyptiens comme des varits d’une mme matire, se distinguant seulement par la couleur- et les autres mtaux vils tels que le cuivre et le fer. Nos recherches seront donc limites au premier groupe.
Le terme commun pour or jusqu’ la deuxime moiti du Nouvel Empiretait nbw. d’autres varits de nbw, survenant principalement au Nouvel Empire semblent reprsenter diffrentes qualits d’or se distinguant sur tout par la puret ou bien par la couleur. La plus importante de ces varits est nbw nfr; un terme qui semble indiquer un genre d’or local, encore plus pur. Analoge nbw nfr tait nbw hd. Ransom-Williams le considre comme un terme pour designer lectrum, quant Harris il prfre de traduire par or blanc. A l’poque ptolmaique, ktmt tait le terme gnrale pour or; S3 wy tait galement utilis. Lepsius traduit ce dernier le beau mtal, et Sethe lui donne le sens d’or aux deux tiers. Les deux mtaux nobles, pouvaient l’origine paratre ne former qu’une seule substance prsentant des nuances diffrents, les Egyptiens reconnaissent ce fait, et considraient l’or et l’argent comme deux formes d’un mme minral. Ainsi la plus ancienne dsignation de l’argent tait nbw hd. Au cours de la cinquime dynastie nbw hd a t transform en un terme spcifique: hd. ce terme designa l’argent jusqu l’poque Ptolmaque laquelle il est souvent indiqu par deux autres noms: crkwr et rwy.
Les preuves texuelles comportent des allusions la signification symbobolique des minraux prcieux sont beaucoup plus rares pour l’argent que pour l’or. Barthelot l’a dj laiss entendre en tudiant un tui en partie en or, appartenant au Muse du Louvre; il dit “le choix de l’or et de l’argent semble d des motifs thologiques: l’or rpondant au soleil, et l’argent la lune conformment la notation astrologique et alchimiques”. Il semblerait que l’argent tait associ la lune, cette derniere tant appele “disque d’or” ou “disque d’argent”. A l’poque Ptolmaque Hathor est appele “l’argent des desses.” dcm, qui traduit “lectrum”, avait des emplois tout–fait similaires ceux de l’or et de l’argent. Dans les numrations des minraux, dcm suit toujours l’or, prcdent hsbd et mfk3t, et figure souvent o devrait se trouver l’argent. Grce sa couleur jaune clair semblable celle du laiton, l’lectrum devenait plus brillant que l’or. C’est l peut-tre une des raisons pour lesquelles on l’utilisait, entre autres emplois, pour revtir les oblisques. Noblecourt avait des raisons de croire, que Thoutmosis III avait model compltement d’lectrum ses deux oblisques, figurant dans le tombeau de Puyemr Thbes. Vers la fin de la vingtime dynastie, le nom dcm a predu son sens originel, et l’lectrum a t reconnu comme nbw hd. Sous la troisime priode intermdiaire il n’y en a plus de traces. A l’poque Ptolmaque, dcM ‘ t employ comme synonyme du nom nbw. Isis est appele Philae “or des dieux dcm des desses, mfk3t du grand cycle des dieux” et Hathor “or des dieux, dcm des desses,” matires mmes dont sont ptris les corps des dieux.
Le Nouvel Empire:
Oblisques:
C’est un fait bien connu que les Egyptiens matrisaient la dorure ds l’An-cien Empire et s’en servaient sans aucun doute dans l’architecture. Mais le plus ancien exemple que nous possdions d’un revtemnt de la pierre dans un monument architectural reste l’oblisque de Sesostris I a Matariah. Les crivains arabes mentionnaient que le revtement mtalli-que existait bien sur l’oblisque, encore debout au XIIe sicle. Lacau a cit le texte d’Abdel Latif que nous apprend aussi que le pyramidion et la premire scne juste au dessous du pyramidion taient recouverts du cuivre dor. Seules !es rainures qui servaient insrer les feuilles dores, peuvent-tre vues aujourd’hui.
Devant l’entre du IVe pylone dans le temple d’Amon-R Karnak se dressaient deux oblisques. dont l’un est encore debout, un monolithe de granit rose, il est ddi au nom de Thoutmosis I. Sa face ouest atteste que le roi “a fait comme son mmorial son pre Amon-R qui est la tte du Double Pays, l’acte d’riger pour lui de grands oblisques la double porte du temple, le pyramidion tant en or-djam”. La reine Hatchepsout rigea deux grands oblisques en granit rose, entre les deux pylones do son pre Thiumosis I (le IVe et Ve pylne) un seul est encore debout. En exami-nant le haut du ft qui a conserv son pyramidion, couch prs du lac sacr au sud de la salle colonnes, Lacau a constat, la prsence de sillons verticaux et de sillons horizontaux troits et profonds, creuss de chaque ct dans le granit, qui n’ont pu servir, en effet, qu’ l’insertion d’un placage mtallique. Ce placage, selon Lacau revtait un tiers seulement de la hauteur, parce que seule la partie suprieure tait visible l’extrieur du temple. Noblecourt s’oppose cette interprtation en affirmant que l’in-tention qu’avait eue la reine de revtir compltement d’or-djam ses oblisques apparait clairement dans le rcit grav sur la base de son oblisque encore dress. On imagine mal, poursuit-elle: “des monuments aussi prestigieux que des oblisques, dont le revtement d’or se serait arrt brusquement la moiti de leur ft..”et suggre plutt considrer que le placage entier des oblisques fait de nombreuses feuilles d’or soudes entre elles tait assujetti sur le premier tiers des oblisques par les rainures troites o ses bords avaient t insrs et que ce dispositif de fixation suffisait maintenir contre le ft tout entier cette enveloppe.
Selon Noblecourt, l’ide de la reine exprime par l’inscription grave sur la base de son oblisque, tait d’riger des monuments en or-djam massif, et non seulement de plaquer le ft d’une couche d’or. Thoutmosis III n’avait pas voulu faire moins que sa tante, selon les figurations du tombeau de Puyemr; pourvu que l’on accepte l’interprtation de Noblecourt, il consacra dans le temple de Karnak deux oblisques d’lectrum incrusts d’inscriptions en lapis-lazuli.03) Tout diffrent est le cas des deux autres oblisques, que Thoutmosis III prsente Amon, figurs dans la grande scne d’offrandes au-dessus du texte des annales; d’aprs les deux ddicaces graves sur chacun des deux oblisques, seuls, les pyramidions auraient t en ordjam. En ralit comme Lacau l’a constat sur un fragment de l’un des deux oblisques (gisant terre prs de l’angle Nord-Est de la salle hypostyle), la scne juste au-dessous du pyramidion, la principale de tout le dcor du ft (c’est–dire le dieu couronnant le roi) tait galement recouverte d’or.
Colonnes:
Lacau a signal deux exemples du procd adopt pour les colonnes Karnak. Le premier est le groupe de quatorze colonnes, qui soutenaient le plafond de la grande salle, construite par Thoutmosis I entre le IVe et le Ve pylne. sur la base de chaque colonne apparaissent nettement les rainures ayant servi l’insertion des feuilles d’or. Chaque colonne, au dessus de cette parure ornant la base est ceinture d’un texte. On peut constater que sur trois d’entre elles nous sommes informs que toutes les colonnes sont ornes d’or. Si le bas des colonnes seulement tait plaqu d’or ou bien si ce dcor montait jusqu’en haut de celles-ci, nous ne pouvons l’affirmer.
En avant du sanctuaire de la barque sacre se trouve une cour pristyle colonnes fasicules datant de Thoutmosis III. Ultrieurement cette cour a t divise par ce mme roi, par deux murs en une haute salle centrale et deux cours, Nord et Sud: cours prisyles colonnes fascicules 16 tiges dont la base est orne d’un dcor rayonnant sur le plat de la base et en ‘facade du palais’ sur la bordure. La partie suprieure manque dans toutes les colonnes. D’aprs l’tude qu’il a fait sur la plus complte, Lacau affirme que ces colonnes taient entirement garnies d’une chape d’or depuis ls base jusqu’au sommet.
Lacau cite une lettre de Brugsch crite en 1854 propos des chapiteaux du temple de Louxor, dans la partie du temple construit par Amenophis III; il dit “… Les chapiteaux des colonnes taient couverts de feuilles de cuivre aux quelles le marteau avait fait suivre les contours et les formes de la pierre et qui avaient t peints ensuite. De grands morceaux de ces feuilles ont t retrouvs, partie encore suspendus aux chapiteaux et partie parmi les dcombres. Ainsi se trouve tabli un fait entirement nouveau et ignor jusqu prsent. L’Egypte a revtu de mtal les monuments construits en pierre.
“Borchardt a donn deux exemples de colonnes revment de mtal, le premier est au temple funeraire d’Amenophis III K0m-el-Hetan, o il a truv, sur une base de colonne ‘in situ’; les trous de fixation du placage mtallique.
Le dexime exemple est Karnak sur l’abaque d’une clonne papyriforme de la colonnade sud des rois boubastides sont clairement visibles les trous de fixation d’une garniture mtallique.
Portes:
Dans l’architecture gyptienne, la porte est toujours un lment par-ticulier de la construction. La matire dont le cadre (le linteau et les deux montants) est fait, est toujours differents et plus riche que celle du mur dans lequel il est insr. Les portes, ayant une importance particulire comme celles qui se trouvent sur le grand axe d’un temple ou bien qui prcdent le sanctuaire, taient susceptibles de recevoir un revtement d’or. Lacau en a cit deux exemples qui se trouvent Karnak, Le premier est la grande porte du VIe pylne. Le pylone lui mme,, est en gres; il fut ajoute par ThoutmosisIII. Sa porte de granit rose tait anciennement plaque d’or-djam. Un mlange de differents mtaux a t employ dans la dcora-tion du grand et unique battant de cette porte.
Le deuxime exemple est la porte d’entre, du sanctuaire que la reine Hatchepsout avait construit pour la barque sacre; remploye par Thoutmosis III – aprs qu’il t dmoli le sanctnaire de la reine-pour faire com-muniquer la cour centrale devant le sanctuaire avec la cour latrale Sud.
Dans ce mme temple ce dcor mtalique se retrouvait sur d’autres lments d’architecture, mais lorsque Thoutomsis III un moment de son rgne, s’attaquaaux monuments de la reine il fit arracher l’or pour effacer les texts (et les scnes) se rfrants la reine. Ces surfaces ont t ensuite aoplaties effacant ainsi presque compltement le mode de fixation du mtal. Des placages d’or sur des portes, des colonnes et des oblisques, ont t galement arrachs, plus tard, par Akhenaton, quand-l’image et le nom mme d’Amon ont t martel partout dans le temple. Habachi, citant Lacau, croit que l’or arrach dans cette opration devait servir au culte du dieu nouveau. L’tude que J. Yoyotte a fait sur la porte du IVe pylne Karnak, vient renforcer la conviction que certains lments d’architecture aussi importants que des portes monumentales, des groupes de colonnes et des bas reliefs tout entiers taient totalement recouverts d’une feuille d’or. Celle-ci pouvait tre une feuille assez paisse, cloue et fixe par des chevilles dans le mur ou bien encore une feuille trs mince pose sur une couche de pltre ou de toile stuque au pltre. Le IVe pylne est l’uvre de Thoutmosis I. Son “corps avanc” est l’uvre de Thoutmosis IV. C’est ce dernier roi qui lva devant le portail du IVe pylne un porche dor, dont le plafond tait lanc sur deux colonnes campaniformes dont les bases sont en-core en place contre les socles des oblisques.
Les textes du tombeau N75 du IIe prophte d’Amon Amenhotep-si-s a Gournah, nous disent que l’ensemble architectural reprsent dans ce tombeau, le portail de grs aussi bien que le porche avaient t revtus d’or-djam.
Les ddicaces graves par Thoutmosis IV au bas montants ont t remplaces au temps d’Alexandre, par des inscriptions de restauration reprenant les termes du texte primitif; elles confirment que la porte de grs avait t travaille avec l’electrum. Au temps de Chabaka, cet ensemble fut trs probablement revtu de mtaux prcieux, remplaant les placages au temps de Thoutmosis IV. Les textes que Chabaka avait fait graver sur les montants du portail, selon la conclusion de Yoyotte, permettent de reconstituer l’ornementation dont ce dernier roi a muni cet ensemble; de la faon: suivante: les colonnes taient d’electrum (ou bien d’or incrust d’electrum), et les bases taient d’argent (ou bien d’or incrust d’argent).
Un bloc provenant d’un monument de Karnak, btit par Thoutmosis Iv, sur lequel figure cet ensemble, a heureusement gard des traces visibles de sa polychromie originelle: il montre bien que la pice surmontant la porte et reposant sur l’abaque est jaune.
Selon Holscher, plusieurs portes dans le Ramesseum avaient t ornes, moyennant un procd particulier de dcoration. Une couche paisse de pltre applique sur toile servait de base pour la dorure: les portes de deux salles longues au coin Nord-Ouest de la premire salle hypostyle taient ornes de cette manire.
Une inscription au bas du jambage de droite de la porte de la salle appel la bibliothque, nous apprend que cette porte tait dore. Les bas-reliefs fins qui la couvrent ont conservs les traces du pltre appliqu la toile; cela fut constat par Champollion pour la premire fois. Au temple; ainsi qu’au palais de Ramss III Medinet Habu, on rencontre plusieurs exemples de l’emploi de cette technique de dcoration enrichie par des revtements d’or.
Sur le ct Sud du passage de la forteresse de l’Est figure une scne reprsentant Ramss III faisant offrande: Ptah de Medinet Habu, debout sous un baldaquin. La figure de Ptah a t incruste de faence; tout au tour du baldaquin il y avait une dcoration mtallique.
Au sujet de la porte d’entre du deuxime pylne, du ct ouest de la premire cour du grand temple, Champollion crit: “une magnifique porte en granit rose unit les deux massifs du second pylne. Des tableaux d’adora-tion aux divers formes d’Amon-Re et de Ptah en dcorent les jambages au bas ‘des quels on lit deux incriptions ddicatoires attestant que Ramss Meriamon a consacr cette grande porte en belle pierre du granit son pre Amon-R. et qu’enfin les battants ont t si richement orns Mtamon de incrustation prcieux qu’Amon lui mme se rjouit en les contemplant.” Du ct droit de cette porte on voit la figure en grandeur naturel du roi, qui tait dcore d’incrustation; au dessous de cette effigie, paraissent encore les trous de fixation du dcor mtallique. Du cot Sud de la premire cour dans la facade du ‘palais du temple, la porte Est qui mne de la cour au palais a t recouverte de mtal probablement dor.
Des placages mtalliques ont t galement appliqus la porte qui mne de la premire ‘la deuxime salle hypostyle; ainsi que la porte du sanc-tuaire de la barque et la porte d’entre de l’ensemble des chambres for-mant le complexe d’Osiris au grand temple.
Bas-reliefs:
Parmi tous les bas-reliefs qui dcorent du haut au bas tous les murs de tous les temples, certains; ayant une importance fondamentale taient munis d’un revtement d’une richesse pariticulire: Ils taient donc entirement recouverts d’or. Lacau a signal la dorure qui recouvrait une scne dans la salle hypostyle Karnak, celle dans laquelle la desse Mout serre dans ses bras le dieu Amon. Cette scne occupe le premier registre du mur Est (moiti Sud) de la salle. Borchardt a cit un autre exemple dans la mme salle, sur le mur nord extriur, l’ouest de la porte. La scne reprsente Sti I consacrant le butin et les captifs de ses campagnes; le dcor mtallique semble avoir recouvert seulement la chapelle contenant les dieux.
Au centre du mur extrieur sud du temple reposoir de Ramss III Karnak, figure une double scne qui reprsente le roi faisant offrande Amon et Khonsou (M oiti Ouest); Amon et Mout (moiti Est).
Les trous d’attache qui rvlent la prsence du mtal disparu entourent le groupe des dieux l’Est et Amon l’Ouest. Encore l’Ouest de ce dernier est reprsente une petite scne du roi offrant son nom Thot et Sefkhet-abou: ces deux derniers tant, eux aussi; recouverts d’or.
Sur le mur extrieur Sud du temple de Louxor, prs de l’angle Est, Chabataka a fait enlever un des bas-reliefs de Ramss III pour graver la place deux scnes d’adoration, Amon et Hathor en son nom. Seuls les Pieds d’Amon assis sur son trne, et une partie du pidestal Sur lequel repose le trne subsistent aujourd’hui; on peut y dceler clairement une srie de trous de fixation du mtal, soulignant le pidestal. II est vraisemblanle que seule l’image d’Amon tait recooverte de mtal.
La troisime priode intermdiaire:
Une scne d’allaitement; rapporte par Borchardt, grave sur le pilastre Ouest (face Nord) du Portique Sud des Boubastides Karnak, repsentant Hathor le roi Chachonq, avait t recouverte d’or-II semble; bien que le groupe au-dessus de cette scne, reprsentant Monthou avec le mme roi ait recu le mme revtement d’or. Notre dernier exemple Karnak, gale-ment cit par Borchardt: il s’agit d’une scne occupant le mur de fond (Est) du sanctuaire, dans la chapelle d’Achoris, le mtal dor recouvrait par-tiellement cette repsentation du roi consacrant des sacrifices au dieu Amon.
Les passages des textes qui nous parlent de la dorure dans les monuments Egyptiens, insistent sur l’emploi de Vor (ou bien de l’electrum) pour dcorer les parois, et le l’argent (ou bien des deux ensemble: l’or et l’argent) pour parer les planchers. En voici quelques exemples: Dans la stle de Djehouti (La stle de Northhampton), on dit de la maison d’Amon dans le temple de Deir el Bahari que” son plancher a t faconn en or et en argent…” Dans la grande stle d’Amenophis III on nous dit de son tem-ple funraire l’Ouest de Thbes qu’il est “… recouvert entirement d’or, son plancher est incrust avec de l’argent…” Dans la mme stle du temple de Louxor: “… ses murs sont en. electrum; son plancher est en agrent…” et du temple de Soleb qui “… est dcor partout en or; les ornements de son plancher sont en argent.” Une statue en granit gris du Porte-ventail Amenmose, qui tait le directeur des travaux dans le temple d’Amon-Re, dans une localit appele:” le fleuve occidental”, nous renseigne sur le sanctuaire de ce remple en disant que “… son sanctuaire, le plafond et les murs taient en or et le plancher en argent pur…”
Au dbut de l’anne 1987 une expdition de “Boston Museum of Fine Arts” conduisait des fouilles au Djebel Barkal. L’quipe dirig par le Dr. Timothy Kendall, au cours de sa deuxime visite au site, a pu confirmer l’existence d’un sanctuaire perch au sommet de l’inaccessible aiguille naturelle, sur une hauteur de 70 m.environ. Kendall a signal la prsence d’un panneau d’inscriptions, mentionnant le nom de Taharqa sur le flanc de ce pinacle. Kendall croit que ce panneau d’inscriptions avait t recouvert d’or (considrant les trous de fixation qu’il a trouv) pour servir comme un rflecteur gant guidant les caravanes qui s’approchaient de Napata.
L’Epoque Ptolmaque:
La grande figure hathorique qui occupe la parois centrale de la facade sud du grand temple t signale par Borchardt comme ayant reu une dcora-tion obtenue au moyen d’appliques d’or. Daumas a signal d’autre emplacements Dendera o l’on trouvait ce mme procd artistique; les figures divines ornant l’extrmit des soubassements sur les cts Est et Ouest ainsi que la reprsentation de la naissance d’Isis dans le sanctuaire au temple du Sud taient elles aussi revtues d’une applique mtallique. On le retrouve galement aux portes de l’enceinte ( la porte principale et la porte de l’Est) o les scnes essentielles sont entoures par les trous qui rvlent ce genre de revtement.
Au mammisi de Nactanebo Dendera, quatre tableaux trs importants et un linteau paraissent avoir t relevs d’or, au moins L’Epoque Ptolemaque. De part et d’autre de la porte du sanctuaire, au premier registre, Ptolme X- SoterII offre deux vases de lait Hathor qui allaite l’enfant. La scne de l’allaitment divin est dans le mammisi, tout fait capitale, comme le montre du reste la place qu’elle occupe. Aussi tait elle soigneusement distingue des autres. Les deux cts de la facade Est, sur la porte qui des propyles permettait d’accder la salle des offrandes, sont ornes d’une scne d’allaitement au-dessus de l’offrande royale qui occupe le soubassement. Les deux tableaux eux aussi tient dors.
Enfin le linteau de calcaire sur lequel venaient prendre appui les propyles du ct Ouest tait galement dor sur la face antrieure couvrant le pro-tocole royal et les noms d’lhy et Hathor. L’arrire mur extrieure du temple d’Edfou bnficiait d’un revtement d’or exterienr de manire semblable celle que l’on a trouv’ Dendera; seules les divinits et non le roi prsentent autour d’elles les trous rgulirement disposs, fors dans la pierre ou on logeait les chevilles de bois.
Le mammisi d’Edfou avait aussi ses revtements d’or extrieurs: notamment l’entre de la salle des offrandes, le soubassement exterieur de la porte repsentant Hathor allaitant. Dans l’un des tableaux d’entre colonnement o l’on a sculpt Hathor suivi d’Horus, dans la face Nord d’un des piliers d’angle avec une Hathor allaitant et enfin dans les deux premiers tableaux, dans le vestibule, o l’on voit Hathor et l’enfant derrire elle: toute les divinits de/ces tableaux ont t recouvertes d’or.
L’emploi de rehauts en mtal prcieux tait particulirement abondant dans le premier pylne de Philae. Les deux Isis places de part et d’autre de la porte de Nectanebo sur la faade intrieure taient entirement revtues d’or. La premire scne qui sur l’encadrement extrieur de la porte est sculpte au-dessus du soubassement de chaque ct de l’axe reprsente le roi faisant offrande Horus et Isis qui; seule; semble avoir t revtue d’or. A la sortie du couloir mnage dans le pylne; l’encadrement intrieur de la porte regardant le mammisi reprsente dans le premier tableau l’offrande de l’or et de lapis-lazuli. Dans les deux cas Isis tait galement couverte d’or.
Conclusion:
Au cours de la prsente tude, en voulant renforcer les preuves que les Egyptiens avaient revtu d’or certains lments de leur architecture aussi im-portants que des oblisques, des colonnes; des portes, etc…, nous sommes confronts l’obstacle de l’absence totale, . prsent, de ce revtement mtallique. Il faut d’abord rappeler qui les Egyptiens n’ont pas t les seuls adopter cette forme de dcoration. L’assyrie, elle aussi, l’a employe. Le :muse du Louvre possde un fragment de revtement de colonne provenant du Palais de Khorsabad. La Grce son tour ne semble pas l’avoir ig-nore.
Les Egyptiens avaient-ils la richesse et les moyens techniques ncessaires pour un pareil emploi de l’or (et d’autres mtaux prcieux) d’abord pour les extraire, et ensuite pour manipuler des masses de mtal aussi considrables, tant donn l’immensit des surfaces couvrir? Pour se faire une ide du contenu des trsors des rois du Nouvel Empire, il suffit de jeter un coup d’il sur la liste de certaines donations de Thoutmosis III dans le temple de Karnak. De mme pour les poques plus rcentes, on peut se faire une ide des incalculables quantits de mtaux et de minraux prcieux verss dans les trsors des temples, par l’tude des inscriptions fournissant les chiffres de l’or dans les monuments Ethiopiens et ptolmaques. Nous sommes dtermins suivre l’opinion de Noblecourt, quand elle parle de l’habilit des ar-tisans pharaoniques et de leur extraordinaire virtuosit, disant: “Si l’on con-temple les prestigieux colosses de pierre qu’ils surent extraire, transporter, manuvrer, redresser, considrer simplement l’dification des grandes pyramides de Guizeh: ,on demeure confondu et certainement trs loign d’avoir pntr tous les secrets de leur technique. ”
Nous avons dj signal que dans la littrature Egyptienne, on nous rappelle constamment la valeur symbolique de l’or. Les revtements en or appliqus des monuments qui n’taient mme pas vus de l’extrieur n’taient donc pas un pur talage de richesse; dans le cas des statue divines c’est la valeur vivificatrice de l’or que recherchaient les Egyptiens. Les basreliefs reprsentant l’allaitement ou la naissance seront dots pour faciliter la rgnration de la vie par la vertu de l’or les colonnes vgtales qui reprsen-tent le dveloppement de la vie seront, elles, assures de l’apport vital du mtal divin; les oblisques, symboles solaires par excellence, seront, en les habillant d’or, le corps mme du soleil. Les images des dieux aux portes extrieures des temples taient par ce revtement d’or signals l’attention des fidles.* Ils ne parait pas impossible que les Egyptiens aient pu raliser les nombreuses indications, textuelles, pigraphiques; et pictographiques: les renseignements qu’ils nous donnent; couleurs et signes; et qu’ils prirent la peine de nous laisser, trs souvent coincident avec des constataions archologiques indniables.
Par Doha M. MOSTAFA
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