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Dans l’Egypte ancienne plusieurs sites ont attir tant de dvots et de voyageurs. Possdant une aura de saintet pour de multiples raisons, on peut citer parmi ces lieux: les ruines d’antiques monuments et les tombes dsaffectes, les grottes sur les bords de dserts, les endroits lis un mythe ou supposs contenir la spulture d’un dieu.
Autour de mtropoles cultuelles comme Memphis et Thbes, certains lieux antiques devinrent des centres de manifestations de la religiosit populaire o s’entassaient d’innombrables objets votifs laisss sur les lieux par les pieux et les gens de passage. Stles, graffitis, statues et figurines, bassins libation et autres tmoignages matriels, attestent de l’ampleur de ces visites pieuses, et que cet usage remonte au moins au Moyen Empire, abonde au Nouvel Empire et se vulgarise Basse Epoque. Aprs le Nouvel Empire pendant la priode de faiblesse et de dsordre que fut la suite, certains lieux saints disparurent. L’inscurit n’encourageait gure les dplacements. En revanche, la priode greco-romaine vit sans doute le retour de cette pratique; alors que les dpts d’objets votifs se ratifient les graffitis se multiplent cette poque. D’inscriptions hiroglyphiques, dmotiques ou grecques crits sur les parties ouvertes des temples majeurs ainsi que de multiples stles et statues dresses dans les temples proximits des portes, ou bien dans les cours permettent de saisir quels motifs poussaient les Egyptiens vers ces lieux saints. Parmi ces motifs: gurison d’une longue maladie, espoir de vivre longtemps, espoir de jouir d’une bonne spulture, procration d’une descendance ou bien le simple dsir de demeurer en prsence de la divinit.(O
Au cours de cette enqute, nous allons relver les sites constituant des oratoires populaires, au tour des deux grands centres du pays au Nouvel Empire: Thbes et Memphis l o un grand dveloppement de la religion populaire a eu lieu en cette priode. Ensuite nous allons aborder la question suivante, pourquoi avait-on choisi ces endroits et pourquoi avait-on choisi d’y honorer tels dieux? A la fin nous allons envisager les motivations qui conduisent l’Egyptien sur le chemin de certains dieux et rincite venir se concilier avec les seigneurs dans les vieux sanctuaires dsaffects
1 – THEBES -OUEST
Parmi tous les cuites populaires qu’on relve Thbes-ouest, celui de Hathor, il tait le plus durable et le plus rpandu de tous. C’est toujours au tour d’un sanctuaire hathorique que se manifeste la religiosit populaire de la faon la plus vive.(2)
Ce fait peut tre clairement constat Deir EI- Bahari. L Hathor, la Madonna de Thbes, selon l’expression heureux de Winlock (3), possde au moins trois sanctuaires: le premier, construit par Hatchepsout l’extrmit sud de son temple funraire, le deuxime, bti par Thoutmosis III au nord du temple de Monthouhotep-Nebhepetre (entre celui-ci et celui de la reine), le troisime, se trouve au Site de petit temple ptolmaque, ddi son culte Deir EI- Medineh, car il est probablement construit sur l’emplacement d’un ancien sanctuaire vou son culte. On peut ajouter ces trois, une grotte l’extrme ouest de la valle des reines que Noblecourt avait des raisons de croire qu’elle abritait un sanctuaire hathorique (n).
L’importance de cette desse lui vient surtout du fait d’tre ” la patronne la fois rgente de l’accident funbre, mre adoptive des morts, matresse des souffles du nord” (5).
L’oratoire(s) d’Hathor Deir EI Bahari:
A l’avnement du Nouvel Empire; la zone de Deir El Bahari est devenu particulirement sacre la, desse Hathor, o son culte a t fermement tabli. Tant de tmoignages disponibles en abondance nous parlent d’un dveloppement d’une ferveur intime envers cette desse au cours de la XVIIIe dynastie. Elle se maintiendra l’poque ramesside.
Selon Winlock(6), la reine Hatchepsout a rig sa chapelle d’Hathor remplaant une autre encore plus ancienne. Thoutmosis III, voulant supplanter le temple entier de la reine; construit un temple, (dress un niveau plus lev que la troisime terrasse de ce dernier) dont le nom ancien est Dsr- 3ht, destin recevoir la barque sacre d’Amon la belle fte de la valle. Il a galement tabli un sanctuaire l’honneur d’Hathor derrire ce temple (7). Des milliers de fragments recouverts d’inscriptions hiratiques ont t trouvs sur le site (a). Ces inscriptions, dans l’ensemble de l’poque ramesside sont faites par des visiteurs et de pieux plerins venus rendre hommage la matresse du lieu. Des amas d’humbles dons, apports par les dvots tels que de coupes de faence, de modles de phallus ( dans l’espoir d’tre fcond) mme des seins, de petites vaches et de simple bijoux, formaient aux environs du sanctuaire des entassements normes.
Il faut mentionner que quelques sicles plus tard, dans la cour suprieure du temple funraire de la reine Hatchepsout, s’est transport le culte de deux personnages difies: Imhotep et Amenhotep fils de Hapou. Sous Evrgte II, on creusa dans le roc au fond du sanctuaire du temple une troisime salle qui prolongeait les deux de la XVIIIe dynastie et que l’on orna des bas reliefs d’un style purement gyptien. ce lieu de culte devint donc en mme temps un sanatorium(10). Cerains sanatoria furent les annexes du temples majeurs, comme celui qui tait attach au temple d’Hathor Dendara (11), D’autres sanatoria se logrent dans des monuments dsaffects comme l’oratoire de Bs install dans l’une des salles du temple de Sethi I Abydos(12) .
Les chapelles votives de Deir El Medineh:
La communaut des ouvriers qui creusaient et ornaient les tombes royales, regroups dans le village d Deir E1 Medineh, ont difis une srie de petits sanctuaires votifs et d’oratoires populaires formant ainsi une sorte d’acropole ou de temenos. Ces oratoires conus sur le plan d’un temple chelle rduite se trouvent rassembls, comme un quartier de maisons dans une ville au pied de la falaise du nord la limite septentorionale du cimetire et du village(13), D’autres sanctuaires ont t dcouverts groups l’intrieur de l’enceinte ptolmaque du temple de Hathor et Maat, et aussi l’extrieur tout prs de ses ‘murs d’enceinte. Le choix de leur emplacement n’est pas reflet du hasard, cet endroit a t considr comme le pied de la cime. Caractristique par son aspect pyramidal, la cime thbaine voquait pour les gens de Thbes un symbole la fois religieux et funraire. Protgeant la population dfunte enterrs ses pieds, considre comme la demeure de Meret Seger, la cime jouira pour longtemps d’une dvotion particulire. A l’poque ptolmaque , cet endroit o se dresse le temple, est appel i3t
ce qui confirme l’antiquit et la valeur de ce lieu saint (14).
Le sanctuaire de Ptah et de Meret Seger l’entre de la Valle des reines:
Descendant du village de Deir EI Medineh, en suivant le chemin qu’empruntaient les ouvriers au Nouvel Empire pour se rendre aux tombes royales et princires de la valle des reines, on constate une srie de chapelles cavernes, creuses dans le roc, disposes en arc de cercle approximativement orientes vers le nord. C’est un sanctuaire rupestre que les ouvriers avaient consacr au culte du dieu Ptah associ celui de Meret Seger. Implant dans une sorte d’abri naturel, le sanctuaire de Ptah et de Meret Seger, est flanqu d’une srie de niche et de stles rupestres, ces dernires tant contemporaines du rgne de Ramses III. Ce sanctuaire, dont le rle marquant, nous tait signal par un nombre de monuments votifs, existait dj semble-t-il la XVIIIe dynastie(15).
Etant la personnification de la rive ouest thbaine dont la cime servait de repaire, Meret Seger “celle-qui-aime-le-silence” est le fruit de conceptions religieuses particulires la population de la ncropole. En tant que desse serpente elle reprsente l’esprit de la terre. Elle apparat pour la premire fois au moyen Empire, prcisant sa personnalit au cours de la XVIIIe et XIXe dynasties mais elle atteint l’apoge sous Ramses III. Selon Bruyre “son culte sert de protection de la rive gauche contre l’hgmonie de plus en plus prononc de la rive droite sur le pouvoir royal”. C’est en plein gloire qu’elle disparat soudain l’avnement des rois prtres. “La religion officielle a triomph Thbes sur la religion populaire”(16).
La grotte-cascade de la valle des reines:
La limite occidentale de la valle des reines est marque par une longue fracture verticale et naturelle, o les eaux de pluie se dversaient certaines poques. En raison de sa forme et de sa profondeur , cette grotte laquelle on accorde aussi le nom de “cascade” voquait chez les habitants de Thbes-ouest une ide religieuse. Deux graffitis reprsentant la desse Hathor, inscrits sur les parois de la grotte-cascade, renforcent l’opinion de Noblecourt (17), qui voit dates cet antre la matrialisation du ventre ou de l’utrus de la vache divine d’o se libre le dfunt ren.
II – THEBES-EST
La porte de l’est Karnak :
Comme le peuple ne participait pas au culte officiel dans les temples et ne pouvait que rarement, l’occasion des processions entrer en contact avec les grandes divinits qui taient vnres, il s’est cre une nouvelle image du dieu” le dieu qui coute les prires” N’ayant pas accs au temple proprement dit, les gens venaient supplier le dieu l’une des portes des grands temples. Cette entre extrieure dsigne comme ” la porte de l’adoration du peuple” , (sb3 dw3 rhj.t), devint un vritable oratoire populaire(la). La plus clbre de ces entres tait la porte de l’est Karnak, qui fut transforme par des amnagements successifs en petit difice destin accueillir les dvots. Thoutmosis II fut le premier riger un btiment pour “Amon qui coute les prires ” ou sont invoqus, cte cte Amon et le pharaon lui-mme, le dernier convenablement appel “Thoutmosis qui coute les prires”. Ramses II remania ce btiment d’accueil et en fit le “Temple de Ramses qui coute les prires”(19).
Durant l’poque ramesside cette image populaire d’Amon qui coute les prires bnficia d’un clerg particulier comme l’indique les titres sacerdotaux lis au culte de ( Imn msdr sdm) .
L’usage de prier aux portes des temples se maintiendra a l’poque ptolmaque, comme l’attestent les modifications importantes apportes aux sanctuaires orientaux de Karnak au cours de cette poque(20).
Habitu prendre contact avec le divin auprs des portes les fidles en vint parfois diviniser.! le portail lui-mme. Un scribe cite parmi les petits dieux de Thbes “la grande porte de Beki” peut-tre identifier avec la porte de l’est Karnak dite la “porte suprieure” (21). Cette dvotion populaire aux divinits des portes a donn le jour aux stles dites “aux oreilles;’ o l’oreille reprsente l’organe du dieu qui coute les demandes. Les stles oreilles, caractristiques de la pit personnelle peuvent tre ddies de multiples dieux grands ou secondaires, mme de gnies, voire aux statues des personnages deifis(22). Des oreilles modeles en diverses matires et retrouves sur quelques lieux saints populaires refltent peut-tre le mme usage.
Cette religiosit envers des dieux “qui coutent les prires va s’panouir sous la domination grecque puis romaine, donnant ainsi naissance Ched ” le sauveur”, Sedjemet-Nebet” celle qui entend tous”, certaines anciennes pithtes sont mme promues au rang d’entits divines comme Mestasytmi, transcription grecque de “les oreilles coutent” Pneferos: “celui au visage bienveillant”(23).
Statues des personnages deifis dans le Karnak:
Dans une autre zone de l’immense aire de Karnak au pied de dixime pylone, se dressaient quatre statues de scribes ( ranges l’est en passant par la porte de pylone et en entrant dans la cours), deux de ces scribes reprsentaient Amenhotep-fils-de-Hapou, ministre favori d’Amenophis III, et un des personnages diviniss servant d’intermdiaire entre les dieux et les hommes. Sur la base de chaque statue un appel au passants tait crit en hiroglyphes. En s’adressant aux gens qui viendront assister aux ftes et autres visiteurs et plerins, les statues d’Amenhotep offrent leur intercession et leur disposition communiquer au dieu de Karnak les suppliques des humbles. Les quatre statues portent toutes la mme endroit des traces d’usure o certains dvots l’ont frott en touchant les monuments sacraliss (24).
Graffiti :
Le secteur de l’alle processionnelle (alle sud entre le dixime et le septime pylone) est une zone riche en tmoins sur cet aspect populaire de Karnak. selon Traunecker, les graffitis inscrits dans cette zone, se concentrent au tour de la porte sud-est de la cour de la dixime pylone(25). La majorit des auteurs de ces graffiti appartenaient au corps des scribes, prtres ou contre-matrs, dont les noms dans la plupart d’poque ramesside nous informent sur les petites gens de Karnak chargs de tches secondaires et n’avaient ni le privilge ni le moyen de perptuer leur mmoire sous la forme d’une statue. Il faut galement mentionner la dcouverte faite par Legrain au pied de face sud de septime pylone de cinq petites stles votives qui avaient t dposes dans l’angle nord ouest de la rainure mats(26).
Un peu plus loin, dans la grande cour, au portique nord, un graffito de mme catgorie a t signal par Daressy (27).
Parmi les traces supposes des visites pieuses aux lieux saints on a frquemment compt les empreintes de pieds ou de sandales incises grossirement sur les parois, les dallages et les toits des temples. Ainsi bien attestes la XXVIe dynastie dans le temple de Khonsou Karnak, sur le plate-forme de terrasse, au dessus des chambres l’est du sanctuaire se trouvent les traces graves de deux pieds. C’est le substitut du croyant dont il livre l’identit, assurant la prsence pieuse de ce dernier dans le temple (28).
Les parois extrieures du temple de Ptah Karnak, portent des tmoignages rvlant quelques aspects jusqu’alors mconnus de la religiosit tardive des fidles de Karnak. Sur le mur extrieur est se trouve un relief de l’poque ptolmaque qui montre Imhotep, reprsent au milieu de la scne prcd par Hathor et Harsomtus. Autour de ce relief se voit des trous clous fin d’ajuster une lgre construction en bois, probablement une chapelle adosse contre le mur est du temple. Dans cette chapelle par l’intermdiaire d’un relief cultuel les dvots d’Imhotep pouvaient assister aux rites accomplis l’honneur des divinits du temples. Faisant sans doute figure de dieu gurisseur memphite, cela explique la popularit limite d’Imhotep en dehors de Memphis o se trouvait son sanctuaire principal prs de l’entre de Serapeum. Son deuxime centre de culte tait Thbes dans ce temple de Ptah l’intrieur de l’enceinte de Karnak. Encore plus tard un autre personnage difi a t ajout ce relief cultuel, ce n’est qu’Amenhotep-fils-de-Hapou. Etant un illustre figure thbain. Amenhotep servait d’intermdiaire auprs d’Amon alors qu’Imhotep tait le reprsentant de Ptah(29).
III Memphis et ses ncropoles
A partir du Nouvel Empire des centres de plerinages rgionaux ont t cres en marge de l’habitat normal des vivants sur le site d’antiques monuments o on crut entrevoir la prsence de divinits spcialement accueillantes. Ainsi se dveloppa un culte populaire autour d’une reprsentation de Sekhment dans le temple funraire de Sahoure. Au bas du plateau de Giza, le sphinx fut dsormais sacralis par les rois et les particuliers sous la forme d’Harmachis. A Saqqara, au pieds de certaines pyramides de l’Ancien Empire, les cuites de quelques rois antiques fleurissaient, car ils furent considrs comme intercesseurs auprs des grandes divinits de l’au-del. Ptah, le seigneur de Memphis, s’est mit la disposition de la dvotion populaire l’extrieur de l’enceinte de son grand temple. A l’poque greco-romaine, dans le Serapeum de Memphis, c’est par des rves que Serapis, contrepartie, hellenis de dieu Osiris dispensait des gurisons miraculeux, aux visiteurs d’extractions divers venus le consulter (30).
Sekhmet de Sahour :
Abou-Sir la desse lionne Sekhmet destructrice mais aussi gurisseuse fut install dans la partie mridionale du temple funraire de Sahour o un lieu saint se cra au tour d’un relief d’une divinit leontocephale incarnant peut-tre l’origine Bastet. Des dicules de brique s’insrrent dans l’une des galeries qui entourent la cour du temple o un grand nombre de stles cintres furent encastres ou bien graves dans les parois anciennes du couloir. Cette dvotion populaire envers la sekhmet de Sahour, remontant au moins au temps de Toutmosis III, se perptue l’poque ramesside, et s’intensifie l’poque greco-romaine. La diffusion de son culte peut-tre atteste Thbes o elle tait invoque Deir EI-Medineh (31).
Le Sphinx de Giza:
Le grand Sphinx de Giza, devenu au Nouvel Empire une image solaire, fut dsormais vnr par les rois, les princes et les particuliers, alors que le temenos qui l’entoure tait devenu un lieu saint populaire. Le Sphinx eut son prtrise, ses domaines et ses rites, mais il faut diffrencier les aspects de son culte, le royal et 1 populaire; le premier a t consacr au Sphinx sous la forme d’Harmachis ( Horus dans l’horison), alors que le deuxime a t ddi Houroun-Harmachis, Houroun, tant originellement un dieu tranger. Devenant un dieu populaire il fut plus abordable aux populations cosmopolites, qu’habitaient la rgion memphite. En tout cas il faut chercher la cause de la fleuraison du culte du Sphinx dans l’anciennet et le caractre vnrable et antique du site. Ainsi est-t-il d l’normit du colosse, des centaines de stles et d’autres souvenirs privs ont t placs contre les murailles de briques construites par des, pieux souverains fin de protger le Sphinx d’tre ensabl. Sur une.(stle du Nouvel Empire, le Sphinx a t appel” celui qui coute les prires”(32).
Le temple d’Isis dame des pyramides:
Dans la chapelle funraire de la pyramide la plus mridionale des trois petit s monuments subsidiaires de Chops, un culte d’Isis se manifestait durant tout le Nouvel Empire. Une srie de stles retrouves dans cet endroit ou bien dans les parages du Sphinx a t ddi Isis seule; ou bien lie Harmachis. On dposait galement des bagues, et des bassins de pierre placs la disposition des gens qui dsiraient faire des libations. L’tude de ces monuments votifs nous permettent d’assister la monte de ce culte ds la XXe dynastie. Il va atteindre son plein panouissement partir de la XXVe dynastie et tout au long de la Basse Epoque.
On a relev un certain nombre de trangles gravs sur les parois de l’ex-chapelle transforme en temple. On a suggr d’y voir des reprsentations du sexe fminin en relation avec le culte d’Isis et ses vertus fcondantes (33).
La porte de “Ptah qui coute les prires”:
Au bord du grand Temple de Ptah, l’extrieur de l’angle sud-ouest de l’enceinte dlimitant son temenos; dans cette zone ont t exums des petits monuments privs de la XIXe dynastie dont un certain nombre de stles votives remontent la XVIIIe dynastie. Les invoquations inscrites sur la plupart des objets s’adressent “Ptah au pied du grand rempart.” Du cot ouest du mme temple. Ptah tait appel “Ptah de la vieille porte qui coute les prires: sdm nht,” dans un oratoire o les pieux visiteurs placardaient des petites stles oreilles.(34) La renomme de ce dieu dborda hors des limites de Memphis, car il fut vnr par les ouvriers de la ncropole thbaine(35).
Avant de terminer notre survol de documents concernant certains lieux saints en Egypte, il convient de spculer sur les causes d’attachement et les traditions qui contriburent la gloire de ces sites. Il est remarquer qu’un certain nombre de sites tudis ici-mme qui recevaient des marques de pit et de la dvotion personnelle taient de vieux sanctuaires dsaffects, restaurs, et transforms pour la circonstance. La saintet d’un site se cristallise donc autour d’un monument antique, prestigieux et vnrable. Il ne s’agit pas seulement d’une vnration de monuments anciens, on vint parfois diviniser les rois, leurs btisseurs (36). Autour de chaque tmoin du pass, allait se dvelopper une dvotion populaire; le sphinx de Giza est un exemple majestueux d’un monument ancien que la croyance populaire avait sanctifi d’une prsence divine.
Ensuite, il faut chercher la cause dans le temps. La force des croyances populaires s’accrot dans les temps troubls, o dcline la religion officielle. Les cuites officielles rpondaient moins aux aspirations des gens et leurs proccupations bien simples. Le culte de Meret Seger chez les ouvriers de la ncropole thbaine parait comme une assurance contre les dfficults de l’heure , vers la fin de la XXe dynastie.
Reste voquer les dieux honors dans ces lieux. Un survol gnral de divinits mentionnes dans cette enqute, savoir : Amon, Ptah, Hathor, Isis, Sekhmet et Meret Seger, nous permet de discerner le fait que les deux premiers sont adors par le peuple en tant que dieux des portes; alors qu’Isis et Sekmet avaient des vertues gurisseuses, car les soucis de sant venaient toujours la tte des proccupations des hommes, et Meret Seger avait les mmes attributs que toutes les desses serpents des autres ncropoles et peut tre considre comme la rplique de Weret Hekaou d’Abydos et de Sekhmet de Memphis (37).
Les cuites populaires s’adressaient galement aux personnages difis auxquels peuvent accder les gens plus facilement qu’aux grandes divinits. De cette catgorie mergent deux figures majeures; le premier fut Imhotep ministre et architecte du roi Djeser, et Amenophis-fils-de-Hapou, bras droit d’Amenophis III. Les deux saints sigeaient au cur de la montagne thbaine Deir EI Bahari, o de nombreux tmoignages en attestent de leurs pouvoirs gurisseurs, qui contribueront l’expansion de leurs cuites travers tout le pays. L’existence mme de leur sanctuaire Deir EI Bahari dans la basse poque confirme la vrit de la loi de permanence des lieux saints.
Par Doha M. MOSTAFA
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