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| Le temple égyptien représentait un univers fermé et mystérieux. On ne saurait pas comprendre sa signification ou bien sa raison d'être, sans aborder le concept égyptien du monde. | ![]() |
Une deuxième conception est née de l'idée, que le temple est la "maison de dieu ". Peu à peu, le temple symbolisait l'univers réel, comme l'Egyptien l'avait imaginé» son toit est assimile au ciel, son sol représente la terre. La maison de dieu est donc un "monde ", et ces deux fonctions se sont réunies grâce à une cosmographie décelée, filtrée à travers les conventions de la décoration et le symbolisme architectural . 2
Dès le début "la maison de dieu "se composa d'un enclos orné des insignes de la divinité; l'intérieur de celui-ci une hutte de roseaux contenait l'image divine. Rien n'en reste de ces fragiles abris des temps préhistoriques. La plupart des édifices religieux de l'Ancien Empire et du Moyen Empire n'ont pas survécus non plus. Seuls les grands ensembles du Nouvel Empire, auxquels nous allons consacrer cette étude, et ceux de la Basse Epoque, dont quelques-uns sont fort bien conservés, permettent de déceler, à travers un plan systématisé, les éléments essentiels qui constituent les "organes " d'un temple.
La conception de grands temples égyptiens est due à une tradition architecturale unique qui remonte aux premières dynasties, cette tradition une fois codifiée, formait le programme qui fixait l'ordonnance et la disposition des temples. 3
Edifice strictement fonctionnel, le temple et son personnel ont été chargés de protéger et préserver les dieux à fin de faciliter leur tâche la plus essentielle : celle d'entretenir l'équilibre des forces de la nature et préserver l'ordre cosmique universel. En fait, le temple était un édifice à la fois fonctionnel et symbolique. Ce double caractère est exprimé d'après des canons rigides et des mesures sacrées. Sa construction avait pour base la géométrie. Cet aspect géométrique est mise en harmonie avec la révolution des astres. L'orientation du tracé et la définition des axes ont été déterminées en visant la grande ourse et en vérifiant la place d'Orion, étoile de sud. Ainsi les architectes égyptiens avaient rattaché l'édifice aux facteurs astronomiques : Chaque élément architectural ou bien décoratif tend à exprimer un sens cosmique. Tout dans un temple avait un symbolisme voulu. Ses pylônes, ses obélisques, ses colonnes, ses colosses et ses naos. Rien dans le choix de la forme des éléments ou dans celle de leur décoration n'était un fait de fantaisie. Et rien n'était sacrifié à l'esthétique. Essayons d'examiner !es éléments principaux et d'aborder l'ensemble de leur signification religieux, â fin de pénétrer le sens profond du temple égyptien.
L'enceinte:
Le temple était placé à l'intérieur d'une immense enceinte délimitant raire sacré ou le temenos. Ce haut mur de briques jouait un rôle de protection magique, il protégeait l'édifice sacré contre les ennemies, les impurs et tous éléments étrangers néfastes, tout en abritant les richesses qu'il renfermait et cachait les mystères des certaines fêtes à ceux qui n'étaient pas initiés. 4
| Les mûrs d'enceintes les plus anciens avaient des assises horizontales, cela durait pendant toute l'époque pharaonique, et jusqu'au début de la XXXe dynastie. Les grandes ondulations des assises de l'enceinte du temple d'Amen-Rê à Karnak avait sans doute une raison religieuse, selon Barguet, 5 ces massifs à assises courbes reproduisent les vagues de l'océan primordial "noun ", entourant la butte de terre sacrée sortie de l'infini liquide à la création du monde. | ![]() |
L'interprétation technique n'est pas valable dans le cas des imitations en pierre de l'époque romaine comme on peut le constater dans les grandes enceintes à Philae, Kalabsha ou Dendara où les lits de pierre sont de forme concave, sans la moindre nécessité structurale 9 . Golvin voit dans ces imitations tardives une simple transcription en pierre d'une forme caractéristique relevant d'une construction en briques crues 10.
Le pylône:
Le pylône constitue la partie la plus importante de l'enceinte. C'est l'accès monumental au domaine sacré. Il peut être également placé à l'intérieur de l'enceinte. Il constitue avec les obélisques les parties les plus élevés de tout l'ensemble de l'enceinte et donc les seuls qui sont visibles à partir de l'extérieur.
Les pylônes avait certainement un caractère symbolique. L'ensemble formé par une porte momentale d'entrée, flanquée de deux massifs volumineux est interprété comme reproduisant la montagne de l'horizon 11. L'un des deux massifs représentait la montagne orientale de l'Egypte, l'autre représentait la montagne occidentale*. 12
A Edfu les deux massifs représentent Isis et Nephtys "lorsqu'elles élèvent le disque solaire " 13 .
Les rainures profondes pratiquées dans les faces de chacun des deux massifs servaient de logement à hauts mâts de bois qui portaient à leur sommet de longs oriflammes. Leurs pointes étaient plaquées d'électrum tandis que leurs extrémités inférieurcs étaient munis d'embouts de bronze. Les mâts avaient certainement un caractère religieux. Selon Golvin, 'ils étaient destinés à rendre manifeste la présence de la divinité à travers le mouvement des oriflammes au grds du vent, manifestation du souffle du divin ". La découverte d'une plaque originellement clouée à l'un des mâts du massif ouest du neuvième pylône à Karnak, inscrite au nom du roi Horemheb, donne à croire qu'elle jouait un rôle symbolique, analogue à celui des dépôts des fondations 14.
Le symbolisme architectural du temple se sert des dimensions horizontales aussi bien que les dimensions verticales, à fin de séparer le temple du monde cxtéricur, de le préserver de toute atteinte de forces hostiles, forces obscures du chaos qu'avaient précédés l'univers organisé. Toutes les représentations des victoires des pharaons, et les scènes de la destruction des ennemis, projetées sur les façades extérieures des pylônes symbolisent "le triomphe divin dans cette lutte pour la vie, dont le temple est comme le monde le mystique théâtre ". 15 Les scènes de chasse représentées sur les pylônes permettaient d'étendre l'organisation divine à des parties du monde qui paraissaient participer encore au chaos primordial. 16
| Il arrive souvent qu'un temple soit précédé d'une longue avenue bordée de sphinx: le dromos. Dans ces doubles files de sphinx, Pharaon multiplie en lions pour mieux veiller sur le temple, il s'assimile ainsi au double lion-Aker, gardien des deux horizons: les deux fauves s'identifièrent aux montagnes qui bornaient l'est et l'ouest. A Karnak c'est le dieu même qui s'incarne en lions aux têtes de bélier" amonien" ou "criosphinx ". Dans l'architecture funéraire, on passe à travers le lion-Aker pour pénétrer dans l'autre monde et en ressortir régénéré. Aspects religieux et aspect funéraire semblent pour la plupart se confondre, cela peut-être mena à imposer la règle d'incliner les parois extérieures des pylônes de manière à donner à l'édifice l'apparence d'un coffre de dimensions gigantesque .17 | ![]() |
En avant du pylône se dressaient des obélisques et colosses royaux ou des statues divines. L'obélisque se confondaient avec le modèle primordial du tertre originelle, ou le "benben" héliopolitain, symbole de l'origine de la vie. Pour Daumas, l'obélisque symbolise le soleil lui-même. Son pyramidion revêtu d'or représente le point le plus haut ou se renouvelle chaque matin la capture de l'énergie créatrice du soleil. 18 L'or d'ailleurs, chair du dieu-soleil créateur, était lié à tous les symboles solaires et surtout l'obélisque. Groupés par quatre, la fonction symbolique des obélisques étaient de concrétiser sur terre les quatre points cardinaux déterminant le carré sacré d'Héliopolis .19
*L'univers des làgyptiens, comme l'avait expliquè De Rochemuntieux. était imaginé sur le modèle de leur pays. L'Egyptc occupe le fond d'une vallôc délimitée de l'est par la charrie arabique, et de l'ouest par une chaine parallèle, la charrie libyque. Au centre, le fleuve coule, du sud au nord, vers la mer.
Cours péristyles et Salles hypostyles:
Le temple, avait son rôle, mise à part le fait d'être considéré comme la demeure divine, il était aussi un lieu d'offrande. En outre il est le siège de cérémonies et le point de départ de toutes les processions intérieures. Cela impose d'avoir des espaces fonctionnellement répartis. A fin de répondre à la logique du rituel et permettre la circulation qui doit s'y dérouler, le temple doit posséder une gradation interne, qui correspond en outre à une transition progressive de la lumière vers l'obscurité totale. 20 Ainsi chaque temple égyptien a été disposé sur un plan axial dans lequel une série des cours et de salles menaient vers le sanctuaire au fond du temple.
| D'ailleurs, le temple devait, en principe, posséder une retraite pour protéger la statue du culte ou l'emblème divin, un logis mystérieux et sombre, et en avant une salle dont le toit est supporté par des colonnes. Une cour péristyle sépare cette salle hypostyle du pylône de façade. Pour réaliser la montée vers le sanctuaire, qui est comparé souvent à la montagne de l'horizon, on a élevé toutes les salles de l'axe en allant du sanctuaire vers l'extérieur. Cette croissance des hauteurs est accompagnée par un élargissement des salles et des cours à mesure qu'on s'éloigne du fond du temple, en même temps le sol de l'édifice va toujours en montant de l'extérieur vers le sanctuaire. | ![]() |
Si l'on comparait couramment le sanctuaire à la montagne de l'horizon, on dit des cours qu'elles sont semblables à "Nout, la voûte céleste qui engendre la divine lumière" ,le même rapprochement est fait pour la salle hypostyle: qu'elle ressemble à la voûte du ciel soutenue par ces quatre piliers représentés par les colonnes.
A la suite des cours et en avant du temple proprement dit s'élève la salle hypostyle. Elle est certainement l'élément le plus riche en symbolisme cosmique. La salle hypostyle matérialise le marais primordial dans lequel poussent des plantes aquatiques, ses colonnes et supports représentent la végétation qui monte du sol vers le ciel. Le sol sur le quel reposait le temple avait été constitué au moment de la fondation avec les éléments de la terre même du monde divin. On déposait aux quatre angles toutes matières précieuses et métaux employés à la confection des statues divines; des briquettes qui concentrent les matériaux divins constituants les os et la chaire des dieux ( or, argent,et lapis-lazuli). 22 Les supports par leur forme souvent végétal, évoquent l'épanouissement florale des plantes jaillies du sol; ce sont là des thèmes symboliques de la colonne qui expriment soit la vie infusée à l'édifice soit son épanouissement. Selon Vandier; le choix des types végétaux des colonnes - palmiformes, lotiformes, ou papyriformes - avait certainement un symbolisme voulu. Il a constaté que dans les temples funéraires royaux de l'Ancien Empire la colonne palmiforme évoquait la ville sainte de Bouto, la colonne lotiforme, représentait le dieu Nefertem appelé "le lotus au nez de Rê " . Quant au type papyriforme, il était probablement en relation avec un lieu saint dans le Delta. 23
Les soubassements représentent la terre; tout ce qui était en relation avec le sol cultivable et l'élément liquide se trouve sculpté au bas des murs: séries des personnages emblématiques représentant les nomes de l'Egypte, suivant l'ordre géographique des provinces dans le monde réel ou personnifications de Nils , champs, canaux et lacs, aussi se trouvaient figurés sur les soubassements des personnages chargés des dons symboliques, autant nécessaire dans le monde divin que les offrandes matérielles: la santé, la force, la richesse , la prospérité, le savoir. 24
La décoration des frises est constituée d'une répétition de groupes emblématiques, souvent, d'une nature prophylactique pour assurer la protection magique du temple; telles les frises des cobras dressés ou des longues séries de divinités, souvent accroupie, rangée comme des caractères hiéroglyphiques colossales. Le plafond rappelle le ciel, constellé d'étoiles ou bien orné des personnages astronomiques et des cartes stellaires ( signes du zodiaque,). Les architraves pouvaient recevoir une décoration astronomique semblable. 25 Dans l'allée centrale, planent les vautours ombrageant le passage du dieu ( ou roi) de leur ailes protectrices. Le décor emblématique des disques aillés sur le plafond du passage central marquaient le trajet théorique du soleil. Ainsi les scènes rituelles occupant le champ des parois sont comprises entre une ligne plate qui représente le monde terrestre et le ciel qui est le monde divin.
A droite et à gauche de la salle hypostyle se disposent des chambres latérales ou des chambres-coffres, sorte de sacristies qui renfermaient tous les objets de culte nécessaires au service religieux. Dans des temples ptolémaïque; ces chambres semblent avoir surtout une idée symbolique. Elles n'étaient plus des simples dépendances de la salle hypostyle, servant de dépôts aux objets de culte, mais sont devenues elles-mêmes des sanctuaires. Chaque chambre était devenue le domaine d'un dieu chargé de la reproduction des objets qui y sont introduits. Ces chambres ont été consacrées aux dieux qui gouvernent la région d'où viennent les matériaux sacrés conservés dans les dites chambres. Graduellement ces chambres matérialisaient les régions idéalcs de l'univers Egyptien. 26
Le sanctuaire:
L'étape ultime, avant d'arriver au saint des saints, était le dépôt de la barque principale qui formait une des parties d'un ensemble composant l'habitation propre de dieu. C'est une chapelle-reposoir dont la paroi du fond est souvent percée d'une porte formant ainsi une sorte de passage qui précède de peu le sanctuaire. Pour De Rochemontieux, c'est un lieu qu'on "traverse" pour atteindre l'autre monde. 27 Plus on pénètre profondément vers le pôle essentiel dans l'axe du temple , plus on constate que l'espace se resserre; le sol monte et la toiture s'abaisse .
Généralement le sanctuaire est une salle de petites dimensions destinée à recevoir dans un naos la statue de dieu. Le naos avait souvent un toit pyramidal évoquant la colline de la création. Son emplacement, tout au fond du temple, souligne l'importance de protéger la statue de dieu dont l'existence était essentielle au bon fonctionnement du monde. La progression vers le sanctuaire, l'espace le plus petit et le mieux protégé du temple, devait suggérer une impression de crainte révérencielle.
Le temple égyptien comme le monde est orienté rigoureusement par les faces et divisé en deux parties: le Nord et le Sud. Cette division géographique, analogue à celle de l'Egypte même, peut-être distinguer par la décoration. Autour du sanctuaire s'alignent de petites salles où résident soit les dieux locaux secondaires, soit les divinités extérieures accueillies dans le temple soit les ancêtres royaux, soit ces trois éléments rassemblés. A l'époque ptolémaïque, ce ne sont plus simplement des chapelles consacrées aux différents dieux mais elles devenaient des symboles des régions célestes.
En fait, le temple proprement dit avait comme le ciel, ses quatre angles, ses quatre régions correspondant aux quatre points cardinaux. En même temps, il était partagé en deux divisions principales ( le nord et le sud ) reproduisant l'ordre géographique du pays et du monde réel. Selon Barguet, la course su soleil, devait être marquée dans le temple d'Amon-Rê à Karnak, selon son grand axe est-ouest; les éléments du temple proprement dit s'agencent de manière à ce que les douze heures du jour soient réparties dans les différentes salles du temples. 28
| Pour conclure, nous voulions à travers notre propos réexaminer le rôle majeur de la cosmographie du temple égyptien et tirer quelques conclusions. La fonction cosmographique du temple égyptien est centrée évidemment sur deux thèmes : le concept du monde et la traduction ou plutôt la transcription de ce concept dans l'architecture des temples. Le temple se présente comme une réduction du monde, dont tous les détails simulaient les composants de ce monde. Chaque élément constitutif du temple remplissait une fonction symbolique ou bien il concrétisait une idée mythique. Ces idées se sont intégrées au dispositif et à la décoration du temple même; leur interprétation à fait l'objet d'hypothèses diverses. Certains auteurs voient dans le temple deux divisions essentielles; la première correspond à la montagne solaire et ses dépendances, la deuxième à la voûte céleste comprise entre l'horizon et le zenith. Le Dieu, souvent comparé au soleil, sortant du sanctuaire principal (fig.5) s'élèvait vers la voûte céleste, et apparaissait dans la salle hypostyle au petit matin. Il passait dans les cours en pleine lumière. Une fois arrivé au pylône il redescendait pour suivre dans le monde nocturne une route inverse. 29 |
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Barguet privilégie l'identification du sanctuaire au tertre primordiale émergé du chaos, pour lui; le cœur du temple de Karnak, le monument du Moyen Empire, où repose Amon dans son "horizon ", se trouve identifié à la pyramide, aboutissement du tertre en forme de mastaba. 30 Plusieurs correspondances ainsi peuvent être établis entre certains éléments appartenant aux monuments funéraires et divins; la pyramide, butte funéraire remplacée plus tard par le mastaba, correspond à l'aire de saint des saints et ses dépendances. La montagne dans laquelle le soleil se cache le soir et d'où il ressort au matin peut être comparée à cette même montagne où les défunts étaient enterrés.
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Enfin Badawi a mis en évidence l'un de ces rapprochement qui peuvent être poussés à l'extrême. Par exemple, le déambulatoire du mammisi romain de Dendara n'est qu'une représentation architecturale du fourré de papyrus à Chémmis où se cachait Isis pour mettre au monde son fils Horus. 32 (fig. 7). D'autres études futures, dans le même sens sur le symbolisme de monuments religieux vont nous aider à mieux comprendre de nombreuses idées philosophiques discernables dans l'architecture du temple égyptien. On ne trouvera mieux que ces mots d'Alexandre Varille pour conclure cette étude:
"Sans philosophie, il n'y a pas d'architecture, mais seulement une technique du bâtiment. Or, l'histoire nous apprend que les plus grands sages pharaoniques furent toujours des architectes. Le temple étant œuvre de philosophe, il doit donc être lu comme un livre". 33
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Historical Deception: The Untold Story of Ancient Egypt
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For more information about public participation in temple festivals, read:
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Egyptian Mystics: Seekers of the Way
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For detailed plans and descriptions of all the major temples in Ancient Egypt, read:
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Egypt: A Practical Guide
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Egyptian Harmony: The Visual Music
by Moustafa Gadalla 192 pages, 5.5" x 8.5" List Price: $11.95 USD (paperback) $ 7.95 USD (eBook) |